Qu'est-ce que le mutisme sélectif ?

Un silence incontrôlable 

Le mutisme sélectif est un trouble qui touche 1 enfant sur 150. L'enfant mutique ne parle pas, mais uniquement dans certaines situations: à l'école, au square ou chez la famille éloignée par exemple. Pourtant, à la maison, en présence de ses parents, frères, sœurs, il s'exprime tout à fait normalement.   
  
Ce trouble apparaît le plus souvent entre 3 ans et 6 ans, ce qui correspond au moment où l'enfant entre en maternelle et à l'école primaire. Il est lié à une grande anxiété, généralement une anxiété sociale. C'est la raison pour laquelle le mutisme sélectif se manifeste généralement pour la première fois à l'entrée à l'école ou en maternelle. 

Il semble que le mécanisme qui intervient dans le cerveau de l'enfant soit semblable à celui qui gère les situations d'urgence. En cas de danger imminent, notre réflexe est de fuir ou de nous figer sur place. Ces enfants, qui ressentent une anxiété exacerbée face à certaines personnes, vont réagir comme s'ils étaient en grand danger. Ils se figent sur place et sont littéralement incapables de parler.


Comment le mutisme sélectif évolue-t-il?

Habituellement, le mutisme sélectif régresse de lui-même à l'adolescence. Mais ces années de difficulté peuvent être très mal vécues. Il est courant que ces enfants se sentent à l'écart, endurent des taquineries de la part de leurs camarades, subissent l'incompréhension de leurs proches. Les parents et les enseignants peu renseignés sur ce trouble peuvent reprocher à l'enfant mutique de ne pas vouloir faire l'effort de parler, voire les punir pour cela, ce qui est bien sûr nuisible.

L'idéal est de diagnostiquer et prendre en charge ces enfants le plus tôt possible. Sans traitement, le mutisme sélectif peut générer des troubles de l'apprentissage, puis plus tard, des difficultés professionnelles, des troubles relationnels, des dépressions, etc.


Mutisme sélectif: des traitements psychologiques existent

Ces dernières années, les connaissances sur le mutisme sélectif ont beaucoup évolué. Les traitements font intervenir les TCC (thérapies cognitivo-comportementales), éventuellement les thérapies familiales, l'art thérapie, l'orthophonie... Ils mettent largement à contribution les parents et les enseignants qui apprennent à interagir avec ces enfants. Des groupes de soutien et d'entraide existent. Ils jouent un rôle important d'information et d'orientation des parents.